Raconter une histoire, c'est bien souvent témoigner de notre expérience, mettre en scène notre relation au monde. La vie est une source inépuisable de sujets. La nôtre comme celle de nos contemporains.
Nul besoin d'aller puiser dans un imaginaire factice le ressort dramatique d'une histoire, quand il suffit de s'asseoir, d'écouter et de regarder. Toutes ces années passées au Japon n'ont pas atteint ma capacité d'émerveillement, ou d'étonnement, mon excitation devant l'inconnu.
Ainsi je reste là, à observer, immobile, camouflé, invisible au milieu du tumulte, immiscé dans la vie des autres sans jamais la perturber, tout en y accordant la plus extrême attention.
Chacun de nous n'est jamais que la somme de ce que nous apportent ceux qui nous entourent, ceux dont on croise la vie, ou seulement le regard, ceux même qui nous croisent sans nous regarder. En les racontant, finalement, on se raconte aussi.